Louis VIGNON (1916-1998)

L'Historien de notre village, curé de Charly de 1954 à 1984.

Louis VIGNON naît le 16 décembre 1916 à Saint-Symphorien de Lay dans la Loire.

Cinquième enfant d'une famille qui en comptera bientôt huit, Louis est le fils de Louise Favrichon, issue d'une famille d'industriels de Saint-Symphorien de Lay spécialisés dans les produits céréaliers, et de Charles Vignon, qui reprendra l'usine Favrichon, devenant ainsi Favrichon-Vignon. Il poursuit sa scolarité auprès des Frères des Ecoles Chrétiennes dans le village.

 

Une anecdote familiale raconte ce qui put être à l'origine de sa vocation de prêtre : en mai 1926, le jeune Louis est victime d'un accident, renversé en pleine rue par le garde-boue d'une camionnette automobile. Transporté au domicile familial, son état est jugé très grave par trois médecins appelés en hâte. Deux chirurgiens tentent une opération sans grand espoir. Quatre jours après, son état s'améliore sensiblement ; outre le dévouement des médecins, l'image de Sainte-Thérèse de Lisieux, placée sous l'oreiller de Louis par sa mère, a-t-elle eu son influence ? Toujours est-il que le jeune Louis prononce alors ses vœux d'embrasser la vie religieuse.

 

 

Il poursuit sa scolarité au collège Sainte-Marie de Saint-Chamond, où il apprend le latin et le grec ; il y découvre le scoutisme. En 1934, il obtient son "Bac Philo" puis, en décembre de la même année, il part pour le Séminaire français de Rome (où son frère Jean, devenu également prêtre, l'avait précédé). Il y reste cinq années et en profite pour s'adonner à ses autres passions comme la photographie et l'archéologie. Il réalise de nombreuses photographies de vestiges romains, explore et crée un guide des catacombes, découvre un hypogée orné de fresques, etc.

 

Il rentre en France en juillet 1939 puis est mobilisé en janvier 1940, affecté, près de Montpellier, aux "communications téléphoniques avec magnéto et à fil". En mai et juin 1940, il change d'affectation pour Voreppe, où il participe aux combats contre allemands et italiens pour les empêcher de prendre Grenoble. Après l'Armistice, il est démobilisé pour être placé à la paroisse de Saint-Jacques des Etats-Unis à Lyon, en remplacement de son frère Jean, alors prisonnier. Là, il intègre un milieu plutôt populaire. Son ordination a lieu à la Cathédrale Saint-Jean de Lyon le 21 décembre 1940 ; il célèbre sa première messe le 22 décembre à Saint-Symphorien de Lay. Outre ses fonctions de prêtre à Saint-Jacques, il organise, avec son frère Jean, des "colos" mémorables avec des jeunes de quartiers de Lyon 8ème à Valorges, près de son village natal, et à "La Ruisse", petite ferme acquise par Charles Vignon, père de Louis. Vers 1945, il fait l'acquisition d'une ancienne Dodge de l'armée américaine avec une grande tente "Magalie" ainsi que d'une cuisine roulante, ce qui fait le bonheur de tous les camps qu'il organise. En octobre 1951, il devient Econome du Petit Séminaire Saint-Jean de Lyon. Il parcours également, avec son auto Juva 4, la Palestine, l'Espagne, le Portugal, la Sicile, d'où il ramène une documentation photographique de grande qualité qui lui sert pour ses conférences qu'il réalise sous l'égide de Connaissance du Monde. Ses conférences sont l'occasion pour lui de parcourir la France, Paris, il se produit Salle Pleyel, et même le Maroc. Parallèlement il est nommé curé de Charly en novembre 1954. Son cadre de vie est désormais la séculaire maison curiale de Charly située face à l'église : c'est là que naît sa vocation d'historien de Charly-Vernaison en y découvrant, durant la nuit de Noël 1954, d'anciens manuscrits mystérieux.

 

 

C'est le point de départ d'une aventure qui devait durer jusqu'en 1993 avec un inlassable et opiniâtre travail de recherches sur l'Histoire locale, en plus de ses fonctions de prêtre, qui l'amènent, à partir de 1978, à publier cinq tomes, sous forme d'Annales, d'une Histoire de Charly et Vernaison de 1150 à 1795. Œuvre monumentale qui lui vaut, en 1985, de recevoir le Prix Gabriel Monod de l'Académie des Sciences Morales et Politiques. Pour réaliser ses recherches et son œuvre, il s'entoure d'un groupe de charlyrots fidèles et autres précieux collaborateurs.

Il organise aussi des kermesses des Annales dans la cour du château de Charly, en plus d'autres kermesses thématiques (celle du "12 Messidor", de la "Saint Napoléon", etc.) qui sont autant d'occasions pour la population de Charly pour de se rassembler. Il continue également de transformer l'église de Charly pour lui redonner sa simplicité romane et la doter de nouveaux vitraux, avec le produit de ses conférences. En 1975, il publie "la Vendetta des Gadagne", véritable roman historique de capes et d'épées reconstituant une histoire vraie, celle d'une vengeance de la famille, d'origine italienne, Gadagne qui compta jadis parmi les seigneurs de Charly. En 1984,il est "retraité" de sa charge de curé, il demeure néanmoins à Charly. Son séjour, en 1986, à Masseto, près de Florence, chez le Marquis Gadagni, est un évènement marquant pour lui : il découvre les tableaux des ancêtres du Marquis, dont celui de Claude de Gadagne, Seigneur de Charly de 1594 à 1611. Malade, il doit quitter à regret la cure de Charly pour la "Maison des Prêtres" de Vernaison, où il décède le 9 avril 1998.

Découvrez la série "CHARLY, les petites histoires"

L'adaptation vidéo très libre d'après Louis Vignon

Cliquez sur l'icône !

Icone cph