JEAN BAPTISTE FRENET

 

Né à Lyon en 1814, Frénet entre à l’école des Beaux-Arts de Lyon en 1827 avant de poursuivre sa formation auprès d’Ingres à Paris puis en Italie.

Sur le plan des idées, Frénet est républicain et adhère à l’esprit du catholicisme libéral et social de son temps.

Il installe son atelier de peinture à Lyon, peint dans l’église d’Ainay mais ses rapports avec les milieux plus conservateurs de Lyon sont difficiles. Il devient maire de Charly en 1851 puis destitué après le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte.

A cette époque, il peint dans l’église de Charly les enseignements de l’Evangile. Destinées à « l’édification de tous » il offre ces peintures aux paroissiens de Charly.

L'ensemble de l'oeuvre de ce fervent catholique, fermement républicain mais opprimé, inspiré par une philosophie humaniste, socialisante et mystique, n'a pas connu à son époque le rayonnement mérité.

S’intéressant à la photographie il se spécialise dans l’art du portrait, son œuvre est aujourd’hui reconnue. Redevenu maire de Charly entre 1870 et 1873 puis Conseiller général, il meurt et est inhumé à Charly en 1889.

 

 

Un pionnier de la photographie

 

Vers 1850, Frénet, qui à Lyon rencontre des personnalités de la photographie naissante, est amené à découvrir cette technique pour reproduire les fresques qu'il peint à Ainay. Curieux, il se passionne pour ce nouveau moyen d'expression qui lui offre un espace de répit dans les déboires qu'il subit avec sa peinture.

Frénet s'applique à sortir des prises de vues stéréotypées de l'époque impliquant de lourdes mises en scènes, et est un des premiers à pratiquer l'instantané, le sujet familier et intime. Cinq ans avant Nadar, il produit des portraits psychologiques et s'adonne au gros plan. Il considère la photographie comme un art, opinion qui vient d'émerger dans le premier numéro de la revue La Lumière1 organe de la jeune et éphémère Société héliographique créée en 1851. Frénet ouvrira un cabinet professionnel de photographie en 1866 et 1867 à Lyon.

Méconnu du grand public, son travail photographique est découvert en 2000 lors de la vente de son fonds photographique, où plusieurs pièces sont achetées par le musée d'Orsay.

 

Anecdote

Alors qu’il est réélu maire de Charly en 1870 Frénet est victime d’une cabale montée par la presse conservatrice, entrainant sa destitution et celle de son adjoint. Après enquête le préfet est bien obligé de reconnaitre qu’il a donné foi à des rumeurs sans fondements. Le 21 décembre 1871, il écrit au juge de paix du canton de Saint-Genis-Laval :

« Par arrêté du 10 de ce mois, j’ai révoqué de leurs fonctions M.M.Frénet et Berger, maire et adjoint de la commune de Charly. Depuis cette époque j’ai pu me convaincre de l’exagération des renseignements que m’avaient représentés ces fonctionnaires, hostiles à l’ordre public et à la marche du gouvernement.

Je suis donc disposé à réparer cette erreur. Veuillez faire une démarche en mon nom auprès de M. Frénet pour l’inviter à considérer comme nulle et non avenue la décision qui l’a frappé, lui et son adjoint.

Frénet comprendra qu’il est des circonstances où l’administration agissant d’urgence n’a ni le temps ni les moyens nécessaires pour contrôler les rapports qui lui parviennent (…). »

 

Quelques unes de ses oeuvres