Jules Favre

 

 

Jules Favre est né à Lyon le 21 mars 1809. Ses parents, commerçants dans la ville, quai de Saône, acquirent une résidence à Charly. La famille séjourne dans la demeure durant les vacances.

Jules se fait des amis dans la commune. Il se réfugie en 1833 dans la résidence pour fuir sa première peine de cœur. En septembre 1836, sa mère Marie-Cécile Marrel, gravement malade, est venue s'y reposer. Pour la soutenir, Jules Favre lui rappelle dans ses lettres les souvenirs de vacances d'été de sa jeunesse. Il renonçait alors à la chasse et traduisait du droit romain. Assis aux pieds de sa mère, il bavardait avec elle des heures. Il imaginait aussi alors un catholicisme libéral. Morte en novembre 1836 dans la maison familiale "au territoire de la Brosse", Madame Marrel a été inhumée le surlendemain de sa mort au cimetière de Charly. La maison des Favre est vendue à la "famille Boulhières". En 2020, cette maison est la propriété de Monsieur et Madame Jean Bouttier.

Jules Favre est venu régulièrement s’incliner sur la tombe sa mère. Lors de ses visites à Charly, il rencontrait ses amis charlyrots.

Jules Favre a ouvert son premier cabinet d’avocat à Lyon, depuis lequel il a défendu, en 1834, des insurgés de la révolte des canuts. Politiquement républicain, il collabore au journal Le Précurseur. En 1861, il défend Léon Gambetta (1838-1882).

Député républicain de 1848 à 1851, Jules Favre a été l’un des cinq élus républicains du département de la Seine au Corps législatif en 1857. Actif opposant au second Empire, il a refusé l'expédition du Mexique et la déclaration de guerre de 1870. Le 4 septembre 1870, il a été élu, à l'Hôtel de Ville de Paris, vice-président du gouvernement de la Défense nationale. Il est aussi nommé ministre des Affaires étrangères. Lors de la rencontre de Ferrières, en septembre 1870, il s'est opposé à Bismarck. Il a également été un opposant à l'armistice et à la capitulation de Paris en janvier 1871, ainsi qu’au traité de Francfort de mai 1871. Démissionnaire le 2 août, il soutient le gouvernement d’Adolphe Thiers et combat après mai 1873 « l'ordre moral » de Mac-Mahon et Broglie. Il a participé à l'élaboration des lois constitutionnelles de 1875 et a été sénateur du Rhône à partir de 1876.

Il est l’auteur d'ouvrages juridiques et historiques, parmi lesquels Le Gouvernement de la défense nationale (3 vol., 1871-1875). Il a été élu à l'Académie française en 1867. Jules Favre est mort à Versailles le 19 janvier 1880. Il est le grand-père du philosophe et ambassadeur français Jacques Maritain (1882-1973).