LE VESTIBULE DES PEINTURES

L'entrée dans la Maison de Maître, par la cour d'honneur, se fait par un vestibule communiquant avec le jardin. Ce vestibule est décoré des remarquables peintures réalisées en 1701 par la peintre lyonnais Daniel Sarrabat.

Daniel Sarrabat est issu d'une famille d'artistes et de savants. Fils de Charles Sarrabat, maître horloger, et de Suzanne Thuret, il est le père du physicien et mathématicien jésuite Nicolas Sarrabat et le frère du graveur Isaac Sarrabat. Formé à Paris comme peintre d'Histoire, il devient professeur et part en 1688 en Italie avec une bourse d'étude attribuée par Louis XIV sur la recommandation de Louvois. Deuxième lauréat du prix de Rome en peinture de 1688, il passe deux ans dans l’Académie de Rome. Il y exécute de nombreuses copies de Raphaël. À la fin de son séjour il obtient le premier prix de Rome pour son œuvre Noé et sa famille sortant de l'Arche.

Le jugement cruel du peintre Pierre Mignard sur l'un de ses « tableaux d'invention » le détermina à quitter le milieu de l'Académie pour s'implanter à Lyon, à son retour de Rome, à la fin de l'année 1694 ou en 1695.

Selon Rondot, citant F. Artaud, « Sarrabat, peintre d'histoire, revenant de Rome, s'arrêta à Lyon pour le même motif que Vander Kable [Adrien Van der Kabel], pour boire. Il fit le portrait de M. Jousserand [sans doute Josserand] pressant une grappe de raisin dans un verre ; il avait mis au bas : Le jus sa rend. Ce portrait était fort beau. Il était à la place des Jacobins. »

 

La mort de Thomas Blanchet en 1689 et le départ de Lyon de Louis Cretey favorise Daniel Sarrabat, qui se sédentarise à Lyon. Il s'y marie le 30 juin 1695 avec Jeanne Marie de Hainaut, fille du peintre Antoine de Hainaut (ou Hénaut), après avoir abjuré le calvinisme.

Maître et député des peintres lyonnais en 1697, 1705 et 1721, il est reçu à l'Académie Royale le 31 mars 1703.

Daniel Sarrabat puise ses sujets dans l'Histoire, la Mythologie et la Bible.

Pendant cinquante ans il ne cesse de peindre et compte de prestigieux élèves, tels Philippe de la Salle, l'un des plus grands dessinateurs de la soierie lyonnaise ou Jean Pillement, un des grands représentants du mouvement rococo à travers l’Europe, et dont "Sarrabat se servoit pour les ornements".

Travailleur infatigable, et bien plus ami de son art que de l'argent, Daniel Sarrabat est mort à la Charité de Lyon le 21 juin 1748 : « Sieur Daniel de Sarrabat, âgé de 82 ans, natif de Paris, peintre, a été receu au nombre des pensionnaires de l'Hôtel-Dieu en décembre 1746 et y est décédé le 21 juin 1748. (Signé :) J. C. Prin, prêtre.»

De son mariage avec Jeanne Marie de Haynaut, il eut 9 enfants, dont Nicolas Sarrabat (1698-1737), jésuite astronome et mathématicien.